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Patagonie ma jolie

Note au lecteur : prépare-toi un petit café ou même carrément un goûter parce que cet article est long, mais alors long ! ;p

Parce que les voyages sont toujours fait d'imprévus, je ne pouvais pas quitter le Chili en toute tranquillité...

Mais on va la faire courte : le bus que j'avais déjà ga-lé-ré à réserver suite à mes problèmes de retrait en particulier et à l’amabilité des habitants de San Pedro en général, devait durer 10h.

Bon 10h, après avoir fait presque 12 000 bornes en camion en Afrique, ça te fais pas peur. Va pour 10h donc.

Mouais, ça c'est sans compter que déjà tu montes dans le bus, ta place est prise parce qu'ils l'ont vendue... 2 fois ! Mais que, par chance, il reste quelques sièges dispo, donc je peux bien rester à bord (muchas gracias hein, j'ai limite l'impression qu'il me fait une fleur en me disant que je peux rester!).

Mais que le bus part avec.... 3h de retard....Et sans explications.

Et dire qu'on se plaint de la SNCF !!!

Non, pas d'explications, encore moins d'excuses. En lieu et place, on a eu le droit de visionner un film pour nous calmer. Bon d'ailleurs, je salue les nerfs des chiliens, parce qu'ils sont restés très zen...

Etape 2 : ça y'est on part enfin. Bon, on part, on arrive à la frontière après 3h environ...Rebelote, sans raisons, on reste 2h arrêtés, et toujours bien sûr sans explications.

Etape 3 : passage de frontière.

Bon, hormis une désorganisation flagrante, avec des queues qu'il faut faire et refaire, et où personne ne comprend rien, on finit par tous avoir nos passeports tamponnés.

Etape 4 : tout est bon, on peut partir maintenant ?

Bah non, on attend encore dans le bus. Nouveau film à la télé. Ça sent pas bon que je me dis...

Dans le mille ! Un couple, dont nous ne saurons finalement rien, a apparemment oublié de demandé un visa, du coup, on les attend jusqu'à ce qu'ils règlent leur problème.

1h30 plus tard, ils resteront au Chili. Nous partons sans eux !

Etape 5 : on a fait la moitié du chemin là non ?

Réponse, non, il nous reste 6h jusqu'à Salta !

Grrrrrrrrrrr,le trajet qui ne se finit jamais...

Arrivés avec 6h de retard en tout, après 16h dans un bus donc, je me dirige vers un distributeur, car bien sûr, à 1h du matin il n'y a pas de bureau de change d'ouvert.

Et là... Bon bah quand ça veut pas, ça veut pas...

Ma carte marche pas !

J'en peux plus de cette carte de m****

Je recroise des français qui voyageaient dans le même bus. Bla-bla, ils me disent qu'ils vont m'offrir de me payer le taxi. Sauf que...Leur carte ne fonctionne pas non plus.

Je croise des japonais. Re Bla-bla, à eux je vais leur donner mes devises chiliennes en l'échange de pesos argentins.

Sauf que...Leur carte ne fonctionne pas non plus.

Purée, "Jean-Marie j'ai la poisse Bonjour" !!!

Je décide de me connecter à internet pour voir si je peux rejoindre mon auberge à pied... IM-PO-SSIBLE

Et puis il est tard, je ne connais vraiment pas la ville, et pas le pays non plus.

En plus, quand tu sais qu'à Salta, on assassine les petites françaises (cf. les deux jeunes filles assassinées deux ans plus tôt)... Bah moi, ça me donne pas envie de marcher toute seule dans les rues hein.

Je chope donc un taxi et dans un espagnol approximatif, je deale avec lui de le payer en devise chilienne.

Il accepte, BINGO ! C'est le plus beau jour de ma vie... Oui enfin jusqu'à ce que je lise mes mails, et me rende compte que l'aubergiste m'a contacté 7h plus tôt en m'indiquant que le check'in est jusqu'à 23h, et n'ayant pas de nouvelles de moi, il ferment les portes.

Youpiiiiii ! Génialissime ! Moi qui pensais dormir dehors à Uyuni, je vais pouvoir le faire à Salta dis !

Mais pourquoi ??? Pourquoi le ciel m'en veut-il tellement ???!!!!!

Bon, allez, j'abrège le suspens... Finalement j'appelle, il m'ouvre la porte, et en plus, il m'avance les sous pour le taxi !

Un amour d'aubergiste cet argentin.

Lendemain, je suis bien décidée à profiter de mon unique journée à Salta.

Je me ballade, fais quelques musées, du lèche-vitrine et me choisis une belle terrasse pour déjeuner.

Super déjeuner au soleil. Jus d'orange pressé, empanadas et salade. Que du bonheur...Il me manque juste de la batterie sur mon tel pour l'après-midi. Je le donne à charger au bar du restaurant.

Une heure plus tard, ils viennent me voir l'air désolé...

TU M 'ETONNES QUE TU PEUX ETRE DÉSOLÉ !!!!!!!!!!!

Ils m'ont pété mon téléphone ! Un pas un peu ! Ils l'ont EX-PLO-SE !

Ils me disent qu'il est tombé. Mouais moi je crois plutôt que quelqu'un a carrément marché dessus oui !

Pfffff, j'en trouve même pas les mots...

Je bredouille un truc du genre, "bon bah ça arrive... L'essentiel c'est qu'il fonctionne encore"

Oui enfin, sauf que je vois plus rien quand je lis des textos, des mails, des articles sur le net, et que je dois pencher la tête pour déchiffrer parfois, mais bon hein, ça arrive...

Parfois, je me dis que je suis vraiment trop bonne...Trop...

Bon, donc Salta, c'était pas aussi chouette que je l'aurais voulu, mais ça n'était qu'une mini-étape sur la route de la Patagonie.

Oui, oui, on y arrive, attends.

Je m'envole donc le lendemain pour la ville d'El Calafate, pour aller travailler sous forme de volontariat. Parce comme tu le sais, je suis riche, tellement riche, que donc l'argent moi, je le dépense (enfin quand mes cartes fonctionnent hein), je ne le gagne pas. C'est tellement mieux d'offrir son temps en échange...De rien pardi ! ;p

Bon j'exagère, en l'échange du gîte et du couvert.

J'ai donc signé pour un mois à l'estancia Bon Accord. Je te passerai les détails, parce que quasi un mois c'est très long, et il y a beaucoup de choses à dire. Mais par contre, je peux te montrer les photos !

Une estancia dans son jus d'antan...

C'est plus économique et plus écologique, mais ça vaut pas une Nespresso quand même !

Ma chambre. Plutôt sympa hein, mais bon y'avait pas de chauffage et pas d'isolation...

Bon, en ce qui concerne la vie à l'estancia, en gros c'était ça (au début) :

The simple life... Là c'est Gerardo le proprio de l'estancia. Un vrai gaucho...Avec ses qualités et ses défauts...

The "healthy life"

Sandrine, dans "la petite estancia dans la prairie"

Ma petite pote la brebis (non je ne l'ai pas mangée celle-là :D)

Et puis parce qu'il faut bien bosser un peu, et que le boulot se fait pas mal à cheval voici les meilleures photos

Ouais là je joue au gaucho, et je ramène une petite troupe de chevaux vers une autre partie de l'estancia où l'herbe est un peu meilleure. Parce que comme tu peux le voir c'est sec de chez sec quand même...

Oui, bon là tu te demandes quel est le boulot ?

Bah en gros, hormis élever des moutons et des vaches pour la viande uniquement. Il faut régulièrement monter à la seconde partie de l'estancia, qui se trouve en haut sur les plateaux (où l'herbe est meilleure certes, mais où il y a des pumas aussi, hein juste comme ça au passage pour te rassurer), pour faire une rotation des chevaux au travail et/ou monter et descendre les troupeaux.

Pour y aller, c'est 20km à travers la steppe, des canyons, des rivières à passer, et tout ça sans traîner.

Donc après déjà 2h30, tu dessèles, t'es à moitié creuvée, mais tu changes de cheval, (pour le laisser se reposer) et toi, tu t'en vas avec la seconde monture pour aller chercher sur des centaines d'hectares où se trouve la horde de chevaux, pour les ramener jusqu'au poste, les faire rentrer dans le coral...

Opération : 1h30 supplémentaire, sans compter que le Gerardo me sème dans la steppe (carma sangle n'était pas bien serrée et que je ne pouvais pas aller très vite, au risque de me retrouver sous le cheval ! Et que le Gerardo, bah il en a rien à carrer et ne se rend même pas compte que je suis plus à sa gauche...)

Je me retrouve perdue dans la steppe et franchement là, j'ai commencé à flipper...

Bien sûr, il faut que tu imagines la scène, car tout se passe au galop, et je continue de galoper dans la steppe donc on monte, on dscend, c'est très vallonné, avec des pierres, des trous, avec une selle qui bouge un max, un cheval qui s'affole car il se retrouve tout seul, tous les rochers, les monts, les vallées se ressemblent, et la nuit tombe dans 1h30. Peu pas mieux faire dans le genre, Sandrine, t'es un petit peu dans la m**** là...

Je me dis que frachement je vais passer la nuit là à ce compte.

Super rassurée, en plus par le récit de Gerardo à l'aller, sur l'histoire d'un mec qu'on a retrouvé congelé au milieu de la carcasse de son cheval qu'il avait sacrifié pour se protéger du froid. Parce qu'il s'était perdu dans la steppe lui aussi et qu'il n'avait aucun équipement.

Bah tiens, ! Tout comme moi dis donc !!!

A celui qui me dit :

-"tu aurais dû laisser faire ton cheval, il aurait retrouvé le chemin"

Je lui réponds :

-" bah c'est bien ce que j'ai fait, sauf que monsieur cheval bah...Il s'est planté !!! On s'est retrouvés sur une cloture hein, et pas au poste !!!"

Avantage quand même, j'ai longé la dite cloture et on a bien fini par rentrer... Tout gelés et tout mouillés, parce que oui bien sûr, il s'est mis à pleuvoir pour arranger le tout...

Ensuite ? Et bien c'est pas fini!

Rechange de cheval, et en ramène de nouveaux vers le poste du bas. Toujours sous la pluie, dans le froid, le vent et ? De nuit !!!

Nuit noire. Même chemin en sens inverse et sans lune vu qu'il pleut...Heureusement que ces chevaux grandissent dans la steppe et ont le pied sûr parce que moi je n'y voyais rien de chez rien. U

ne horreur cette expédition...

Une HO-RREUR

Combien de temps en tout ? Oh juste 8h à cheval d'affilée... Une bagatelle...Surtout quand t'as as monté depuis 6 mois ...

Des courbatures ? Nan tu parles !

Rentrés à 23h30 dans la nuit noire, je ne pouvais même plus lever la jambe pour descendre de cheval !!!!

J'ai mis 3 jours à marcher normalement...

Bon, sinon, quand on ne travaille pas à ramener des chevaux, les changer de pâture (bon faut d'abord les retrouver avant de les emmener des kilomètres plus loin. Oui en Patagonie, on ne parle pas vraiment de paddock de 20mx20m ...), il y a aussi le travail des champs...

Et là, je me marre intérieurement, parce que oui, moi, avec mes petites mains délicates, j'ai manié la fourche pendant des heures au point d'en avoir des ampoules, même avec des gants !

Oui, il faut faire des grosses mottes de foin parfois. (6h de foufourche pour en faire une motte. Là, on était à mi-chemin)

Ou bien de petites bottes. Avec une machine qui ne fonctionne pas bien et qui cale toutes les 2 bottes voire moins, ça nous aura pris 8h pour faire 115 bottes... Ceux qui savent comprendront ;p

Sinon, on fait aussi des empanadas par centaines lorsqu'un groupe de touristes vient déjeuner à l'estancia. La pâte est achetée toute faite parce que sinon, on ne s'en sort plus hein. Mais la farce est faite maison, et les petits chaussons, formés avec amour avec ma petites mains. Idem, on compte bien 7h de taf' pour faire plaisir aux touristes ...

Mais bon, dans tous ça, il y a aussi des moments de détente hein...

Et quelques galopades dans les plaines avec mon fidèle Estrella (oui,il a un nom de fille et alors ?!?) qui comme tu peux le constater n'est pas du tout adepte des bisous. Il faut dire que les chevaux là-bas sont traités comme des animaux de bétail, au même titre qu'un mouton ou qu'une vache, et non pas comme des animaux de compagnie. Du coup, ils n'ont pas, vraiment l'habitude d'être câlinés hein...

Voilà pour la partie "vie au camp" comme ils l'appellent là-bas.

Mais en Patagonie, il n'y a pas que des estancias (enfin y'en a beaucoup quand même !), il y aussi les montagnes et les glaciers !

Changement total d'ambiance !

Les montagnes les plus célèbres, sont situées près du petit village d'El Chalten.

Aucun intérêt particulier à porter à ce village, mais un grand intérêt à porter pour mes premières randonnées, dont mes pieds se souviennent encore.

Oui, la Patagonie m'aura mise à rude épreuve.

Surtout quand le premier jour, tu commence par un petit 8h d'affilée.

Qui valaient le coup certes...

Bon comme tu ne peux pas vraiment le constater sur les photos, mais en fait je te le dis, les chemins c'est pas du "tout large, tout beau, tout plat" hein, enfin ça ne monte pas beaucoup non plus, sur ce sentier-ci en tous cas, mais le lendemain je le sais, ça va être beaucoup plus bonbon.

Mais bref, après 3h25 de marche, me voici arrivée à la fameuse Laguna Torre que je cherche depuis des heures.

Moi qui croyais avoir accompli un exploit... Enfin, un exploit à ma mesure hein. Et bah...Je ne savais pas ce qui m'attendais le lendemain.

Mais surtout surtout, ce qui m'attendais la semaine suivante au Chili. Parce que ces 2 jours de randonnées étaient censés me "préparer" à 5 jours entiers de randonnée au parc de Torres del Paine.

Tu auras un article tout spécial pour cette aventure, parce ça, pour de l'aventure, c'était de l'aventure !!!

Enfin bref, après ces premières heures de chauffe, bah...La même mais en sens inverse hein...

Et là, quand t'aperçois enfin le village juste avant la tombée de la nuit (oui j'étais partie à 14h certes), et bah t'es super contente !!!

Jour 1 fini.

Jour 2 réveil, pas de courbatures... Cool que je me dis, je suis plus en forme que je n'y parais finalement.

En route pour le second sentier, celui qui est réputé être beaucoup plus physique, car la dernière heure d'ascension est une heure...D'ascension à proprement dite !

Toute motivée avec mes barres de céréales, mes empanadas et de l'eau dans le sac, je m'en vais joyeusement prendre le chemin pour le Fitz Roy.

Moui, ça c'était sans compter l'adage "cruche un jour, cruche toujours" (oui il est de moi, il n'existe donc pas vraiment).

Donc cette petite cruche de Sandrine, réussit quand même à se planter de chemin, et...S'en rend compte 1h20 plus tard quand elle rejoint....Le même chemin que la veille !!!!!!!

Siiiiii, jte jure, le même !

Bon, "pas grave" que je me dis, il y a un sentier qui part à droite, passe par les lacs Madre et Hija, et rejoint le sentier initial.

Oui, sauf que ce que je n'avais pas capté, c'est que la carte n'étais pas tout à fait à l'échelle et ça me rajoutait quand même 2 heures de marches....Aux 9h prévues à la base hein pour te situer un peu le truc.

Mais bon c'était joli quand même :

Et voilà le lac Madre

Après une petite pause pic-nic, c'est reparti à travers bois en direction du Fitz Roy.

On s'en approche, on s'en approche...

Bon, ça ne se voit pas du tout sur la photo, mais ça commence à monter

Là, tout en bas, ce sont les 2 lacs (Madre et Hija) où je me trouvais 2h plus tôt

Là, ça se corse graaaaave ! C'est franchement raide. Ca fait dejà 45mn que je transpire à grosse goutte, et que les cuisses chauffent.Mais on arrive à la fin. On distingue enfin le sommet du Fitz Roy...

Et après tout ces efforts, après 6h30 de marche, et aussi avant 4h30 pour rentrer...

TIN TINNNNNNNNNNNN !!!!!!!!!!

Et c'est donc en arrivant tout en bas, avec les genoux en vrac, les jambes flagellantes, et l'estomac qui crie famine, (parce que 3 barres de céréales et 2 empanadas pour s'enfiler 11h de marche, j'avais prévu un peu juste hein) que j'aperçois le bon GROS panneau d'entrée du chemin....

Ouais c'est clair, ce panneau je ne l'ai pas vu 11h plus tôt.

Bon je n'avais pas besoin de la confirmation que je m'étais plantée de route, mais quand même, j'aurais pu m'en douter quand j'ai pas vu de panneau à l'entrée du petit chemin que j'avais pris...

Enfin bon, c'est fait, c'est fait hein. Et le plus important, je suis finalement rentrée tout juste avant la nuit !

Et comme après l'effort...Y'a le réconfort ! Je crois que je méritais bien une bonne bière et des empanadas. Oui je suis devenue une vraie maboule des empanadas. Si je pouvais, j'en mangerais matin, midi et soir !!!

Une bonne nuit de sommeil plus tard, je voulais enchaîner le lendemain sur une troisième journée de randonnée.

Mais le ciel était de mon côté ce jour là... Il s'est mis à pleuvoir beaucoup. Beaucoup trop et avec un vent bien trop important pour s'engager sur une rando de 8h à nouveau. Du coup, repos pour mes gambettes ! Et sans regrets.

De retour à El Calafate, sorte de "capitale" de la Patagonie . Bon capitale, juste parce qu'il y a beaucoup de touristes, et que les excursions partent depuis cette ville. Sinon, elle n'a rien d'une capitale hein...

Bref, donc après El Chalten, je terminerai mon séjour en Patagonie en beauté avec une visite du glacier Perito Moreno.

Et là, prépare-toi parce ça claque !

D'abord une approche en bateau.

Il le fallait bien..

Puis à pied, le long des sentiers tout beau, tout bien prévus pour les touristes fainéants

Pour vous donner une idée de la hauteur

Et voilà, c'est fini pour la Patagonie (côté argentine du moins)

Je te donne rendez-vous très vite pour le récit de la grande aventure en Patagonie, mais au Chili cette fois, ou " Quand Sandrine part en randonnée en autonomie pendant 5 jours et qu'elle galère...Bah pendant 5 jours tiens" .

Le contraire m'aurait étonnée de moi-même de toutes façons...

Allez, à très très vite

Bises glacées

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