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Chili, 2ème partie


On reste donc en Patagonie, mais cette fois de l'autre côté de la frontière.Cette histoire commence bien évidemment avec un bus, pour changer...

Un bus de El Calafate au Parc Torres del Paine pour effectuer la fameuse randonnée en W comme on l'appelle.

Sauf que, comme je ne fais jamais rien comme tout le monde...Lorsque tout le monde décide de prendre le bus pour Puerto Natales, d'y passer la nuit, puis de prendre un bus pour le parc (pour la somme de genre 40€), moi je me fais gentiment "avoir" par le mec de l'agence qui me vend l'excursion d'une journée directement au parc (sans passer par Puerto Natales donc, ni nuit d'hôtel obligatoire), parce que, me dit-il, vers midi, je pourrai prendre le bateau pour aller direct au point de départ de la randonnée.

Je signe donc !

Une petite journée d'excursion là où les autres randonneurs ne vont pas, puis un bateau rapide pour atteindre le point de départ de la rando, et sans passer par la case "nuit à l'hôtel". Bingo que je me dis.

Mouais Bingo...

Tout commence bien, tout de même, malgré un léger retard du bus. Et un guide pas franchement sympa.Mais l'excursion de la journée permet d'apprécier des paysages époustouflants, avec un camion qui me rappelle vaguement quelque chose... ;p

Bon, déjà, avant même de rentrer dans le parc c'est déjà magnifique...

L'entrée dans le parc à proprement dite...

Sauf que, arrivée à l'entrée du parc, il est déjà presque midi.

Et lorsque je demande au guide à quelle heure nous arrivons au petit port, d'où je peux prendre le ferry qui me sépare du début de la rando, il me répond, limite en rigolant (oui, j'ai dit qu'il était pas sympa), que ça ne va pas, mais alors pas être possible !

Sauf que moi, mon plan, c'était ça :

- jour 1 : arrivée au refuge del Paine Grande et départ pour 3h de marche vers le refuge Grey. Nuit au refuge Grey.

- jour 2 : Refuge Grey vers refuge Paine Grande (3h env.) puis départ vers le campement italiano (2h30 env.).

- jour 3 : faire la vallée des francais (6h env. A-R), puis départ vers le refuge de Los Cuernos (3h)

- jour 4 : du refuge Los Cuernos à refuge Chileno (6h)

- jour 5 : Du refuge Chileno vers les fameuses "Torres del Paine" avec un départ la frontale vers 5h du mat', pour aller admirer le lever de soleil. Puis redescente au refuge Torres, pour prendre un bus vers l'entrée du parc, d'où le même "tour opérator" me récupère pour me ramener à El Calafate

Je te mets la carte du parc en dessous, comme ça vous pouvez presque vivre le truc en même temps ;p

Bref, bref, sauf que du coup, bah le bateau ?

Bah je l'ai loupé hein. Il est bien parti à midi. Mais sans moi...

Nous arrivons donc vers 16h30 au fameux petit port de départ. Et comme on est plus en haute saison, le prochain bateau ne part qu'à 18h.

Bon bah voilà quoi...

J'attends donc jusqu'à 18. M'ennuie à mourir seule sur le ponton, puis embarque et arrive finalement à 18h30 au refuge de Paine Grande.

Voici donc à quoi ressemble le premier refuge. Point de départ de la randonnée (ou point d'arrivée, ça dépend dans quel sens on fait la rando bien sûr)

Et c'est là, messieurs dames, que ça devient drôle...

Enfin je n'arrive pas encore à en rire, mais ça viendra sûrement avec le temps hein...

Bon, en cherchant des infos sur internet, j'ai vu qu'il était possible de dormir en refuge, mais avec le dîner + petit déj + pic-nic pour le lendemain midi, ça revenait à 100€ par nuit.

Or ils disent aussi qu'il est préférable de réserver car les refuges sont souvent pris d'assaut.

Tentative de réservation impossible, les sites bug, je demande même à Sofie (ma belle-soeur) d'essayer pour moi. Rien à faire ça ne fonctionne pas.

Bon, je lis aussi qu'il est possible de louer sur place une tente + sac de couchage + matelas, pour environ 30€.

Cette option me parait plus raisonnable financièrement car il y a quand même 4 nuits... Sauf que le nombre de tentes n'est pas extensible et que comme je n'arrive pas à joindre les refuges, je ne peux pas les réserver d'avance.

Voilà ce que je me dis, et qui aura été une des plus belles erreurs de ma vie, mes mollets s'en souviennent encore...

Sandrine à Sandrine : "Bon bah, on a qu'à faire comme (presque) tout le monde, on prend un sac de rando, on met le sac de couchage+la tente+le matelas+les courses pour 5 jours, on met le strict minimum niveau fringues et roule ma poule"

- Sandrine à Sandrine : "Ouais c'est sûr ça reviendra moins cher. Mais quand même ça va faire lourd non ?"

- Sandrine à Sandrine : "Tout le monde le fait alors pourquoi pas nous ? Et puis sinon, ça va quand même faire 400€, et on ne peut pas se le permettre, tu le sais bien. Oui, tu le sais bien, arrête de faire ton innocente !!"

- Sandrine à Sandrine : "Petit détail je te rappelle, on a ni sac de couchage, ni tente ma poule"

- Sandrine à Sandrine : "Bah on a qu'à demander à Gerardo (le gaucho chez qui je travaille à l'estancia) de nous en prêter"

- Sandrine à Sandrine : "Ouais on fait comme ça, mais je te préviens, si y'a moyen de dormir au moins une nuit en refuge, on se l'offre ok ?"

- Sandrine à Sandrine : "vendu !"

Bref, ça c'était donc quelques jours avant de partir.

Je demande à Gerardo s'il dispose du matériel. il me répond que oui, et là me sort une tente de 2,8kg (je regrette ma tente 700g laissée au Canada...) et un sac de couchage de 2,5kg. En me disant, "avec ça t'aura pas froid, c'est spécial pour -15° !"

Super !

Enfin dans l'idée...

Parce que je sors le sac de son étui, et là...C'est le drame...

Il pue, mais alors il pue, mais un truc de ma-la-de !!!!

En plus, il est tout collé au niveau de la tête (genre là où il a transpiré)

Et ce gros cra-cra, il ne l'a jamais lavé, donc remis tout dégueu dans sa housse depuis des mois voire des années. C'est une horreur...A vomir !

Sauf qu'on est la veille du départ, et qu'il est trop tard pour aller en louer un quelque part en ville.

Je tente de laver au moins un peu la partie supérieure.

ERREUR !

C'est du vrai duvet.

Les plumes s'agglomèrent, forment des grosses boules, et j'ai beau essayer de le faire sécher discrètement à chaque fois qu'une occasion se présente (parce que je crois que le monsieur s'il s'en rend compte il va pas être content), mais rien à faire.

Au moment du départ, le truc est toujours aussi mouillé (ou presque) que la veille.

Je charge donc le tout dans le sac à dos, et déjà que c'était lourd mais en plus avec un sac de couchage en duvet mouillé, je te raconte pas !

C'est donc avec un sac chargé à bloc finalement, (même si t'essaies d'être le plus léger possible), que vais m'enquiller 5 jours de marche.

Sauf que bon, le premier jour, une fois arrivée au refuge ci-dessus, je me dis que, vu le temps et le vent surtout, si y'a de la place en dortoir, je vais m'offrir ce petit luxe.

Bingo ! Ils ont de la place. C'est donc bien au chaud que je dormirais cette nuit là, et quand je regarde par la fenêtre et que je vois les tentes virevolter en bas, je suis bien contente de ma décisions.

En plus, il fait chaud à mourir dans la chambre, j'en profite donc pour étendre le sac de couchage sous le lit pour le faire scéher. Avec cette chaleur, d'ici 12h, il devrait bien être sec non ?

Jour 2 : je me lève, je vérifie, merde le sac est toujours aussi mouillé.

Programme du jour : aller jusqu'au refuge Grey et faire du kayak entre les iceberg (ça c'était pas prévu mais quand j'ai vu le prospectus la veille, j'ai craqué), admirer le glacier du même nom, et revenir sur mes pas pour gagner du temps sur le jour 3, vu que cette histoire de bateau m'a mise dans le jus.

Entre temps, une chinoise intéressée aussi par le kayak me propose de faire la route ensemble.

Nous partons donc pour le refuge Grey (3h de marche) toutes guillerettes sous un temps gris et un vent de face à 70km/h... Je te raconte pas la force du vent ! Y'a des moments où tu ne peux plus marcher. Tu fais comme les animaux, tu te mets dos au vent et t'attends... Sauf que quand ça ne s'arrête pas, bah faut bien se résoudre à continuer ...

Bon là, le début du chemin est pas folichon hein...

Ces 3 premières heures passent vite, on papote. Elle en est à sa dernière journée. Elle a fait le W dans l'autre sens. Elle ne marche pas très vite donc mais nous ne sommes pas pressées non plus hein. Nous avons 4h avant le rdv pour le kayak. Et puis le paysage est finalement pas dégueu hein ?!

Et puis au bout de 3h, nous voici arrivées au pied du glacier.

Bon on le distingue au loin, mais en fait le sentier ne s'en approche pas vraiment plus, donc on ne peut l'admirer que de loin..Un peu déçevant...

Mais comme on dit : "ce n'est pas la destination qui compte, c'est le chemin" !

Sauf que voilà, nous arrivons ensuite au refuge, et nous présentons à l'accueil qui là nous dit :

- "Désolé mais compte tenu du vent, le kayak est annulé. Mais ça devrait être possible demain à 9h"

- "Bah oui, mais je n'ai pas de réservation ici, j'ai déjà payé là-bas"

- "Pas grave, c'est la même entreprise, on fait juste un transfert de dortoir de là-bas à ici et vous payez la différence s'il y en a une"

- "Ah euh bah ok"

Mais bon, premier tout petit soucis, c'est que je n'ai absolument rien pour dormir et me laver (bon bah ça passe encore), mais qu'en faisant mon petit calcul, demain on est le jour 3 de la rando, et je suis censée rejoindre le camping Cuernos (parce que je n'aurais pas le temps de faire la vallée des français du coup avec mon retard).

Bon, là, toi tu ne vois pas le problème...Mais moi si...

C'est juste à 24km de là où je me trouve...

Bon, en marchant vite, je me dis, je peux le faire. Au pire, je m'arrête au camping d'avant pour ne pas me faire surprendre par la nuit.

- "Allez, vendu pour le kayak demain à 9h !"

C'est quand même pas tous les jours qu'on peut faire du kayak entre les iceberg ! J'ai vraiment, mais alors vraiment envie de le faire ce truc. Et tant pis pour demain, je m'en mordrai les doigts, mais ça va valoir le coup j'en suis sûre !

Çà pour me les mordre, je vais me les mordre...

Mais nous n'y sommes pas encore.

Revenons donc au refuge Grey.

Toute petite journée donc pour nous. Nous passons l'après-midi à discuter en terrasse. Elle me parle de sa vie en Chine, moi de la France.

Nous dînons avec un français, une australienne et une néerlandaise qui se sont rencontrés tous les 3 sur le bateau. Bref, journée tranquille quoi !

Et puis, puisqu'il faut passer la nuit, voici à quoi ressemble un dortoir en refuge.

Je t'ai mis la photo de la plus belle des chambres que j'ai eu pendant ces 4 jours, parce qu'il faut bien te donner un peu envie de venir vous aussi vous confronter au "W" ;p

C'est plutôt douillet certes, mais c'est quand même 100 balles la nuit hein (dîner et pti-déj compris je te rassures)

Jour 3 :

Lendemain matin, toujours toutes guillerettes, nous nous présentons à la réception.

- " Désolé les filles, mais le vent a à peine faibli. Ça ne vas pas être possible non plus aujourd'hui.."

Pu****, d'une part je suis super dégoûtée de ne pas pouvoir le faire moi qui m'enthousiasmais tant, mais surtout, surtout, j'ai perdu une journée de plus sur mon timing pour rien !

Bon, d'un autre côté, en partant à 9h au lieu de faire du kayak, je n'ai plus besoin de me presser.

Nous repartons donc sans trop presser le pas, sauf que la chinoise...Bah elle n'avance plus. Mais quand je dis plus, c'est plus. Je n'ai pas l'impression de marcher beaucoup plus vite que la veille pourtant, mais je suis obligée de m'arrêter toutes les 10mn pour l'attendre. Elle traîne les pieds alors que moi j'ai 25 bornes à faire cocotte !!!

Au bout de 2h30, je lui dis gentiment que je prends de l'avance car j'ai encore mon sac à faire . Parce que oui, la veille du coup, j'ai dû demander au refuge de Paine Grande de vider ma chambre. Donc ils ont tout entassé dans un bureau, mais mon sac est loin d'être "prêt à repartir" et il faut que je remballe le sac de couchage aussi.

Bref on se retrouve pour déjeuner. Elle est amorphe.

Elle devait pas être très sportive celle-là quand même...Je l'ai tuée je crois ;p

Déjeuner avalé en 2 coups de cuillère à pot, me voilà partie à l'assaut des 2h30 qu'il restent avant le campement Italiano et si je le sens bien, encore 2h jusqu'au campement Cuernos, mon objectif de la journée à la base.

Je viens déjà de me faire 11km, il m'en reste 13. Ça devrait le faire...

Ah oui sauf que non... Maintenant j'ai le sac...

Voici ma tête tout sourire au départ du refuge de Paine Grande, 13h30 :

Regarde bien la photo ci-dessous, dans 2 jours, je serai au pied des montagnes bi-colores tout là-bas...

Je me lance donc pour la grande aventure...

La route est belle hein, mais celui qui m'a dit que c'était plat, j'aimerais bien le recroiser pour lui mettre la tête au carré.

Parce que NON, CE N'EST PAS PLAT et même PAS PLAT DU TOUT !!!

Ça ressemble même souvent à ça : des côtes, raides, avec des rochers, qu'il faut grimper. Bon, d'habitude, j'aurai déjà soufflé d'exaspération mais là, c'est pire...

Oui, car avec ton sac de 10kg sur le dos, tout de suite ça change la donne...

Pour faire passer la pillule, je me dis qu'avec ça, dans 3 jours j'ai des fesses de mannequins brésilien ! Je me le répète et je pense bien à toi Xavier Sari si tu me lis!

A ceux qui attendent mon retour pour me mater le derrière, je vous économise le suspens...Et bien non, rien n'a changé !

Enfin, si on avait un corps de rêve en faisant de l'exercice pendant 3 jours, ça se saurait aussi...

Mais comme il y a bien une justice dans tout ça, et que les gens ne font pas ce trek juste pour souffrir par plaisir (enfin quoique, y'en a certain, je me demande..), c'est vrai qu'une fois arrivée en haut de la côte, la vue est sublime !

Bon, après 2h30 de marche et presque 8km j'arrive enfin au campement italiano. Entre temps, j'ai fait la rencontre d'une belge un peu illuminée, avec qui j'ai fait une partie du chemin à papoter.

Finalement, il n'est que 16h30, j'ai encore de quoi pousser un peu (du temps et un tout petit peu d'énergie). D'autant que perso, le campement Italiano, moi, j'aime pas du tout. Je ne m'y sens pas à l'aise.

Trop de monde, trop sombre, trop humide...

Je décide de pousser plus loin, direction le camping Francès, juste 30mn de plus. Si jamais je n'y arrive plus, je passe l nuit là-bas.

En fait quand on y réfléchit bien, le sac, il n'est lourd que la première demie-heure...Après ton corps s'habitue, ton point d'équilibre se modifie, tu fais corps avec ton sac...;p

Mouais enfin il s'habitue tellement que regardes ma tête après 4h de marche...

Ouais, là c'est clair, j'ai pris cher cette journée là...Et encore, c'est pas fini !!!

Bon, j'arrive au camping francès. C'est plutôt sympa. Mais j'ai envie d'aller au bout de l'effort et de ne pas lâcher avant d'arriver au refuge Cuernos.

je fais une petite pause, d'une heure quand même et avec un café, parce que j'en ai vraiment besoin.

Encore 1h30 et 7km. Tu peux le faire Sandrine !!!

Je reprends la route...

Juste ne plus penser...

Juste mettre un pied devant l'autre...

Juste...

Le temps d'arriver au refuge !!!!!!! Youhouuuuuuu, je l'ai fait ! 24 km ! 9h30 de marche (sans les pauses).

Les pieds pleins d'ampoules, les genoux en vrac, les épaules endolories, mais je l'ai fait !!!

Bon, la question fatidique du jour...

Sandrine à Sandrine : -" Alors, on l'utilise cette tente ??? Parce que c'est quand même à cause d'elle qu'on galère comme ça !"

Sandrine à Sandrine : - " Euh, ouais mais là tu vois, j'ai quand même mal partout, j'ai faim, j'ai froid, j'ai envie d'une douche chaude, il est 19h, la nuit tombe et j'ai pas envie de monter la tente à la frontale et de dormir par terre dans un sac de couchage tout puant"

Sandrine à Sandrine : " Okkkkkkkk, bon je crois que là, j'ai même pas moyen de te faire changer d'avis, n'est-ce pas ?"

Sandrine à Sandrine : " Non ! Je veux un lit !!!"

Sandrine à Sandrine : " Ok, va pour le lit, mais je te préviens, demain on campe et c'est pas négociable !!!"

Sandrine à Sandrine : -" Ouais bah ça on verra !"

Nous opterons donc (enfin, nous, moi et moi-même. Parce que oui, il faut bien le dire, quand on voyage seule, on a beaucoup de conversations avec soi-même hein, de fait...) pour une nuit en "dôme" comme il les appelle.

Qu'est ce que donc que le dôme ?

Bah c'est ça !

Un dortoir comme un autre, mais sous forme de dôme avec une bâche en guise de toit, mais bien sûr,au même prix qu'une chambre en dortoir en dur hein.

Cela dit, on y dort plutôt bien. Sauf quand une souris ou un truc du genre, décide de venir fouiller dans tes affaires au milieu de la nuit pour te bouffer tes biscuits !! Bon, tu me diras, tant mieux pour la souris, parce que ça fait aussi 3 jours que je me ballade avec le sac plein de provisions mai que je n'y ai pas touché !

Y'en aura au moins une qui en aura profité...

Bon, le lendemain, "bon pied, bon oeil", je repars toute guillerette après avoir fait une "grasse matinée" car, oui la journée d'aujourd'hui est une "petite" journée.

Seulement 6h !

C'est bizarre, comme ton échelle de valeur change dans les voyages.

A Nancy, tu me dirais, "viens on part marcher 6h, avec un sac sur le dos !" je te répondrais "mais t'es un(e) grand(e) malade toi !"

Alors que là, bon bah 6h, petite journée pépère quoi...

En route vers les refuges de Las Torres ou de Chileno !

Oui il faut encore que je me décide mais j'ai quelques heures devant moi.

Le dilemme est le suivant :

Option 1/ soit je vais au Torres, option sécurité car je sais qu'il y aura de la place, du moins au camping.

Option 2/ : je prends un raccourci qui mène directement au refuge Chileno, et qui me fait gagner 2h le lendemain matin, et me permet donc de faire "comme tout le monde" et d'aller voir le lever de soleil sur les tours (les Torres quoi, d'où le nom du parc). Mais petite précision le raccourci c'est quand même plus ou moins 2h de montée, raide avec le sac sur le dos. Donc la même le lendemain aussi.

Problème, le refuge Chileno n'accepte aucune réservation. Impossible de les joindre. Aucun refuge ne peut me dire s'il y a de la place.

Donc soit je tente, et me tape 2h de grimpette supplémentaire en fin de journée avec le risque qu'on me dise qu'il n'y a pas de place et je dois redescendre ce que je viens de monter.

Ou bien je la joue sécurité et je vais simplement au refuge de Las Torres et je me lèverai 2h plus tôt...

Allez, c'est parti

Histoire de te rappeler ce qu'il te reste à faire...

Après plus d'une heure de marche, un rapide coup d'oeil en arrière... "Toujours se rappeler d'où l'on vient" ;p

Encore une heure, puis encore une petite rivière à traverser

Finalement arrivée à l'embranchement, je crois que je n'aurais pas la force (morale surtout) d'affronter un refus de refuge Chileno me disant qu'il n'y a pas de place.

Ce qui veut donc dire redescente d'une part, mais aussi remontée le lendemain matin.

Trop risqué. J'opte pour la sécurité... Ce sera refuge Torres !

Tu te rappelles, il y a deux jours, on les voyait tout au loin, derrière le lac...

Histoire de mettre un peu de piment, parce qu'il n'y en avait pas...Un petit pont tout mignon qui bouge tout juste ce qu'il faut

Oui, on y croit, le refuge est au bout de la vallée...Allez, encore un effort !

J'ai plus de jambes, plus de pieds (enfin si les pieds je les sens encore car les ampoules s'amplifient), j'ai les épaules en vrac ...Mais j'y crois encooooooo-oooore, on est vivant tant qu'on est fort !!! (ps : c'est de Lara Fabian ;p)

"Pourtant, que la montagne est belle-eeeeuh " . Cette fois-ci c'est Jean Ferrat qu'il faut reconnaître. Oui-oui j'ai une culture musicale très variée ;p

D'ailleurs ça faisait rire les gens que je croisais car j'étais la seule à chantonner...Faut dire faut bien s'occuper pendant toutes ces heures de marche !

Et après 6h...Tin TINNNNNNNNN !!!!!!

Et c'est là que ça devient drôle..;p

Et aussi pas drôle...

Bon je demande à la réception s'ils ont de la place en dortoir, ils me répondent que oui, mais ça revient à environ 90€.

Bon, là, il est temps d'arrêter les frais hein, ce sera camping ce soir !

Je vais donc au camping, il est grand, propre, clair , aéré. Bref, ok pour cette nuit, cet endroit me plaît bien plus que les autres.

Je paye mon emplacement, mets 20mn à tourner pour choisir où je vais poser ma tente, car les emplacements restants ne sont pas vraiment plats.

Choisis, commence à monter ma tente, et galère...

J'appelle Sony le barista du refuge avec qui j'ai papoté plus tôt.

Il m'aide, se fout gentiment de moi au passage. Mais j'accepte, c'est vrai que je suis un peu cruche sur ce coup là, mais bon, je suis une fille de la ville moi monsieur !

Puis vient l'épreuve du sac de couchage.

Je le sors, et là purée, il est toujours mouillé et pue toujours autant. Mais qu'est-ce qu'il a donc foutu avec ce sac pour qu'il pue autant.

Bon, je vais le laisser sécher, et aérer surtout, pendant 3h au soleil, ça devrait aller...

Je reviens 3h plus tard et m**** il n'est toujours pas plus sec.

Bon je fais une tentative d'installation dans ma tente pour voir si je peux supporter l'odeur...

Je mets mon tout petit matelas de sol par terre, me glisse dans le sac et essaie de..

Non, Non Non ! C'est vraiment, mais alors vraiment pas possible ! C'est de la torture ! je vais pas pouvoir passer la nuit comme ça, c'est trop horrible !!!

Je ressors de la tente, file à la réception paye quand même les 90€, et retourne au camping démonter ma tente.

Sony, au passage, se fout bien de moi ahahaha.

Mais bon j'accepte aussi

Et comme dit le proverbe "Rien ne sert de contredire une femme, mieux vaut attendre qu'elle change d'avis toute seule".

Bah c'est pas faux !

Le truc moins drôle c'est pas cette histoire de tente, c'est plutôt que je me connecte rapidement à internet (au passage pas de réseau dans tous les refuges et la demie-heure est facturée 8 à 10€ selon l'endroit) et là, je consulte vite fait mes compte et...

Et c'est le drame !!!

Je remarque 4 retraits au Chili mais à des périodes où je n'y étais pas !

Ils ont tapé dans mon découvert autorisé et sont allés au bout du bout, c'est ce qui a dû les stopper d'ailleurs, quand ils n'ont plus pu retirer !

Je dois faire opposition à ma carte au plus vite , mais il n'y a pas réseau téléphonique !

Bon bah...

" Pourtant que la montagne est belleeeeee-euuuuuh".

De toutes façons y'a plus rien à faire. Ils ne peuvent plus retirer. Ça attendra donc mon retour à El Calafate.

Mais bon au moins, ce soir, douche chaude et lit ultra confortable, et super bon dîner en compagnie de 3 portugais.

Je suis ruinée, je mangerai des patates, mais au moins je dors bien cette nuit là.

Et ça tombe bien, parce que lendemain c'est la plus grosse journée qui m'attend.

Levée avant le jour, je m'en vais l'esprit étonnamment léger (oui ça c'est ma capacité à rester zen ;p)pour 2h en direction du refuge Chileno.

En route je croise plein de petits lapins et un renard qui s'approche presque jusqu'à ce que je puisse le toucher... Mais pas le temps de le photographier.

L'ambiance est géniale...Seule dans le noir, avec une lampe frontale. C'est d'un calme époustouflant...

Bon j'avoue, je ne me suis finalement pas levée à 4h pour arriver au sommet et regarder le lever de soleil sur le tours. Le réveil a bien sonné mais j'étais trop bien au lit...

Levée à 6h, j'aurais tout de même le droit au lever de soleil sur la vallée et c'est sans regret car cela restera un magnifique souvenir. Un instant vraiment magique. Seule, dans la nature, avec pour seul bruit, celui du vent dans les arbres et le ciel qui rosi...C'est difficile de faire passer l'émotion de ce matin là... C'était beau. Tout simplement.

Puis une fois le jour levé et la partie la plus dure de l'ascension jusqu'au refuge Chileno, voilà le vent qui se lève...

Sauf que quand le vent se lève et que le chemin ressemble à ça bah tu fais pas la maline...

Non seulement c'est haut, c'est étroit, et je te raconte pas les éboulements...

Youhouuuu, j'aperçois le refuge au bout du pont !

Quand je vous disais que j'avais besoin d'une bonne nuit de sommeil dans un vrai lit...J'ai quand même un peu meilleure mine qu'il y a deux jours hein ?!

Bon, un arrêt au refuge Chileno à 8h30 pour un petit déj' de championne avant de commencer la partie la plus ardue...

Après une pause de 30mn, et la peau du ventre bien tendue, je suis fin prête à en découdre avec la fameuse ascension d'une heure dont tout le monde parle...Je m'en vais d'un super bon pas.

Pas tellement rapide d'ailleurs, que j'achèverais la grimpette en moins de temps que prévu. Je sais que c'est la fin, je me sentirais limite pousser des ailes !

Finalement, je ne la trouve pas si dure que ça cette dernière partie.

En tous cas moins difficile que la montée pour aller voir le Fitz Roy, quelques jours plus tôt du côté d'El Chalten si tu te souviens.

Bref, j'arrête le suspens et te laisse découvrir ce pour quoi je me suis donnée tant de mal ces 5 derniers jours.

Ce pour quoi, j'ai dépensé tant d'énergie.

Ce pour quoi mes pieds m'en voudront pendant 1 semaine.

Bref, ce pour quoi je suis venue jusqu'ici, presque tout au bout du monde, en Patagonie...

Voilà ma photo du bout du monde.

Malheureusement cela ne reflète que partiellement la beauté du lieu.

La pause sera de courte durée car le vent souffle fort, et que j'ai encore 3h et quelque de marche à nouveau pour redescendre et surtout un bus à attraper avant 16h.

Une courte pause donc mais un grand moment d'émotion !!!

Et c'est sur cette dernière image que je quitte la Patagonie pour un peu plus de chaleur...Direction Buenos Aires !

A très vite donc pour la suite des aventures !

Bises

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