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C’est au cœur de l’hiver que j’ai découvert que j’avais en moi un invincible printemps...

Bon retour parmi nous, Ô toi lecteur d'explore-dream-discover !

Prépares-toi non pas un café ou une bière, mais carrément un apéro car voici le plus long article que ce blog ait jamais porté !!!

Je pense franchement qu'une bonne heure va t'être nécessaire vu les nombreuses photos et vidéos :)

Donc, installe-toi con-for-ta-ble-ment et...Rendez-vous au cœur de l'Afrique, pour une nouvelle aventure aussi épique, que drôle et émouvante !

Je crois aux hasards de l’existence. Aux rencontres improbables, parfois trop fugaces, aux "étoiles filantes".

Ces personnes dont je parlais il y a déjà quelques années quand je lançais ce blog.

Ces femmes et ces hommes rencontrés au hasard d’une rue, d’un port, d’un car ou d’un aéroport, et qui un bref instant, illuminent votre vie.

Je continue à croire aussi que parmi elles se trouvent des êtres extraordinaires qui nous inspirent.

Parmi mes étoiles filantes se trouvent 3 femmes, auxquelles je souhaite rendre hommage à la veille de notre expédition. (moment où j'ai commencé à écrire cet article en fait)

Les 2 premières ne me liront pas. Parce que l’une d’elle traverse en ce moment même l’océan à la rame : Kate Salmon pour « Row for the Ocean ». Rencontrée dans un dortoir en Nouvelle Zélande il y a dix ans maintenant. Vous pouvez la suivre sur Facebook si le cœur vous en dit.

Et Bridget Thrackway, qui réalise actuellement un tour du monde de 2 ans et 300 000 km en jeep dans « Expedition Earth », que vous pouvez suivre sur FB, Instagram et avec qui j’ai eu la chance de partager ma tente en Afrique il y a 3 ans.

Deux femmes exceptionnelles, à côté de qui je me sens toute petite, face à l’immensité de leur détermination et de leur courage.

Et puis il y a la troisième. Celle qui m’impressionne par la force de son mental. Celle que j’ai choisi d’avoir à mes côtés pour gravir la plus haute montagne d’Afrique : 5895m. Soit 1000 de plus que le Mont Blanc quand même :)

Parce qu’avec elle je me sens mieux armée. Et parce que je sais qu’elle ne me laissera pas abandonner. JAMAIS

L’ascension du Kilimandjaro que je vais te conter, c‘est au début du moins, l’histoire de 2 amies, qui se galéraient sur la montagne Pelée en Martinique, et qui dans un moment de fou rire après la énième chute de l’une ou l’autre d’entre elles se sont dit :

- « Hé ! Et si on faisait le Kilimandjaro ? » dit l’une.

- « Bah ouais carrément » répondis l’autre du tac o tac.

Evidemment, tu t'en doutes, celle qui a proposé de prendre ce pari un peu fou de prime abord, comme ça, en pleine jungle martiniquaise, c’est bibi ; et celle qui a tout de suite été partante, c’est bien sûr Cindy, ma BFF (ndlr : best friend for ever ou meilleure amie pour la vie)

Qui se rassemble s’assemble parait-il…

Mais il faut remonter beaucoup plus loin encore pour avoir la genèse de l’histoire…

Il y a 16 ans en fait. Dans un restaurant.

A cette époque j’étudiais dans une école hôtelière, j’atterris en stage à « la table gourmande ». Un resto bien naze, mais avec une serveuse aussi exceptionnelle que la patronne était odieuse.

Sur une histoire de tartine de rillettes bien faite et un cocktail bien dégueulasse il faut le dire, réalisé par mes soins pour notre patronne (avec l’envie plus ou moins subconsciente de l’empoisonner), notre amitié était donc scellée.

(En cumulé à nous 2) 10 déménagements, 3 tours du monde et des milliers de kilomètres n’auront pas eu raison de nous.

Parce que dans mon monde, l’amitié comme l’amour ne connait pas de frontières...

C’est donc pour la 3ème fois que j’ai commencé par me retrouver au Kenya.

C’est étrange tout de même, cette propension du hasard de la vie à toujours me renvoyer au Kenya (et toujours aussi avec une bouteille de champagne) pour me consoler, ou bien de la fin d’un chapitre, ou bien pour célébrer le début d’un autre ….

Mais pour cette fois en tous cas, ce devrait être le début d'une belle aventure. Retrouvailles avec ma BFF Cindy effectuées à l’aéroport de Nairobi, après 20h d’escales pour moi (car vol de 7h annulé, puis vol de 13h annulé) et 2 jours de voyage pour elle (Fort-de France / Paris puis Paris / Nairobi).

1 an jour pour jour après avoir pris le pari de se revoir au pied du Kilimandjaro, nous nous sommes retrouvées crasseuses, mais heureuses.

Nous avons passés 2 nuits et une journée, à nous prélasser d’abord, dans la douce et moite chaleur du Ahadi Lodge (nous n’en prendrons toute la mesure d’ailleurs qu’à notre retour). Briefing avec le guide en fin de journée fait, « check » de notre matériel réalisé, et prise de contact avec le couple de québécois qui nous accompagnera.

Mes réserves d'energie :)

Un maximum de réserve d'energie :)

C’est donc le cœur impatient et l’esprit bien trop occupé que nous nous endormons pour une dernière nuit confortable mais bien trop courte…

Lundi 21 janvier 2019 : 7h30, début de la grande aventure !

Le bus avec toute l’équipe vient nous chercher. Toute l’équipe ce n’est pas peu dire… Nous serons 25 au total : 4 courageux clients/touristes, 2 guides, et 19 porteurs !!!

Et oui, on ne s’en rend pas bien compte mais l’ascension du Kilimanjaro c’est une véritable expédition !!!

Départ en bus, nous sommes un peu timides...

Tout se passait à peu près bien mais…Après 4h de route, Bim ! Premier pépin, le bus nous lâche dans une côte ! Tout le monde descend et se met à pousser…En vain.

Ça commence bien. Mais c’est ça l’Afrique hein. On se débrouillera bien.

Une équipe de joyeux pousseurs :p

Après une vaine tentative, l’équipe décide de décharger touuuuuuuuut l’équipement. Le mini-bus est définitivement hors de course. Par chance, nous ne sommes qu'à une vingtaine de minute de marche de la destination finale. C'est marrant hein, mais j'ai comme l'impression que la poisse me poursuit... :p

On continuera donc à pied jusqu'à l'entrée officielle du Parc National du Kilimandjaro pour une pesée en règle de chaque "paquetage". 20 kg maximum par porteur. Oui, là on se rend déjà compte que nous sommes de tout petits "joueurs" comparé à nos porteurs. Non seulement ils vont porter une charge de 20 kg (leurs affaires comprises, donc elles sont réduites au stricte minimum), et, nous l'apprendrons plus tard, ils seront toujours BEAUCOUP plus rapides que nous. Arrivant parfois plusieurs heures avant nous pour monter le camp....

Premier "selfie" d'une longue série, nous immortaliserons chaque étapes de cette ascension.

Au programme 5 nuits pour la montée, 1 nuit au sommet, et 1 nuit pour la redesencente.

A chaque nuit passée sous la tente, une vidéo y sera associée, histoire de bien garder en mémoire nos impressions de la journée et surtout vous faire partager à quel point il a fait froid et j'ai cru mourir chaque jour :p

Départ de Londorosi Gate, seulement 47km nous sépare "officiellement" du sommet. Je dis officiellement car cela dépend de la route que l'on choisit pour l'atteindre. Nous avons opté pour la voie Lemosho. La plus longue mais aussi celle qui permet une meilleure adaptation à l'altitude et donc un meilleur taux de réussite.

A noter : nous sommes tout sourire (on le restera) mais surtout toutes belles et propres :)

Allez, après la pesée, c'est le début de la journée de marche. Qui sera très courte en fait. Et facile.TRÈS facile

Environ 3 petites heures de marche, ponctuées par le déjeuner et quelques arrêts pour observer les singes endémiques dans cette partie du parc national, appelé "rain forest". (la foret hein, pas les singes. J'ai pas retenu leur petit nom désolée)

Passées les premières heures de "timidité", notre petit groupe commence à échanger. Nous ferons donc le chemin avec Michelle, 36 ans, chef-accessoiriste sur des plateaux télé ou séries télévisées québécoises, et Joel, tattoueur ; ainsi que nos 2 guides : Yassine (au fond) et Silvery (au premier plan) qui cumulent tous les 2 plus de cent ascensions du Kili à leur actif. Nous sommes donc entre de bonnes mains !

Après quelques heures d'une marche facile, dans la douce moite de la forêt, ponctué de "PORTEEEEEEEEEEEUUUUUUUUURRRRRRRR!!!". Nous arrivons au premier campement.

Alors, "PORTEEEEEEEEEEEUUUUUUUUURRRRRRRR!!!" c'est quoi ça tu te demandes ?

Bah c'est je crois bien que c'est le mot le plus utilisé/entendu/crié sur le Kili :)

En fait, les porteurs sont très nombreux, et très rapides, ils dépassent les files de grimpeur d'un pas assuré et surtout décidé. Et y'a plutôt intérêt à les laisser passer...D'une part parce qu'ils ne perdent pas une seconde et peuvent parfois même te bousculer avec leur paquetage (sans mauvaise intention hein, c'est juste qu'il porte des trucs assez improbables sur leurs dos), et puis surtout parce que les pauvres, ils sont chargés comme des mules, et toi, tu ne te trimballes que ton pauv' petit sac de la journée, qui pèse genre 3/4kg et tu te traines en regardant les petits oiseaux.

Bref, "PORTEEEEUUUUUUR" c'est un moyen de prévenir les autres de se pousser très rapidement sur la gauche (hé oui, comme on est en Tanzanie, le sens de la circulation est inversé, donc on dépasse par la droite ;p)

Mais hormis cela, l'ambiance est super bonne et tout le monde se salue à coup de "Jambo" !

Auquel il faut répondre par un "Mambo!" ou "Poa!" ou "mambo poa" ou "poa poa" , enfin bref, tu peux t'amuser à faire des petites variantes. Y'a une semaine pour devenir bilingue :p

Après une première prise de température, nous voilà donc arrivées au camp Mkubwa.

2650 petits mètres d'altitude, avec un camp assez peuplé, et donc une certaine promiscuité des différents groupes de grimpeurs.

C'est lors de cette première après-midi et nuit que nous allons découvrir le "rituel" immuable de chaque jour et que nous allons faire la connaissance de Laurence ou "Lawrens", qui va définitivement marqué notre séjour.

C'est en effet, la personne que nous verrons le plus sur le camp car en plus d'être porteur, il s'occupe aussi bien du service que de notre "bien-être" en général.

C'est donc lui qui tous les jours, nous apportera au bord de la tente, une petite bassine d'eau tiède le soir et le matin, pour que nous puissions nous laver. C'est lui aussi qui nous préviendra du "tea time" de sa douce voix (tous les jours un goûter composé de pop-corn, de petits gâteaux au gingembre et de thé).

Puis il nous préviendra que le dîner est prêt, se tiendra à la porte de la tente dans laquelle nous prenons nos repas, pour nous aider à nous laver les mains, et fera le service entre la tente pour les repas et la tente de la cuisine. Et ce 3 fois par jour, par tous les temps et même par -15 degré.

Bref, un personnage indispensable au bon déroulement de l'aventure, qui nous aura tellement marqué par sa gentillesse, son joli sourire et son extrême timidité, qu'il nous a inspiré une chanson !

Mais en attendant, c'est la 1ère vidéo d'une série de 8 que tu vas découvrir ci-dessous. Bon je préfère prévenir, je crois vraiment que l'altitude a eu des effets secondaires... On rigole comme des pintades sous la tente tous les soirs, et je crois que nos "private jokes" ne font rire que nous, mais bon, je partage quand même ces moments d'intimité avec toi qui me lis :) Si ça ne te plait pas, bah faut juste pas les regarder ahaha

Mardi 22 janvier 2019, jour 2 : après un lever matinal c'est une nouvelle journée de marche assez tranquille à travers la forêt pour encore une heure

Puis au fur et à mesure le paysage se transforme pour une ambiance de type "landes", autrement appelée ici "moorland".

La journée est plutôt facile coté rythme et dénivelé, et ponctuée d'un déjeuner au soleil

L'après-midi se poursuit, avec alternance de nuages et d'éclaircies mais pas de pluie ! On est bénies :)

Il ne se passe pas grand chose en fait pendant les journées de marche...

On regarde le paysage, on se pousse dès que l'on entend "porteeeeeeuuuuuuurrrrrrr" !

On regarde où l'on met les pieds et...on, enfin JE, fais de nombreux arrêts champêtres...Autrement dit des arrêts-pipi, oui il faut le dire car cela fait vé-ri-ta-ble-ment parti des souvenirs que nous garderons de cette aventure, tellement ils ont été nombreux et qu'ils nécessitaient une véritable logistique :p

Bah oui tu imagines bien que surtout là, dans le Moorland,il n'y a pas vraiment d'intimité hein...

Et puis, enfin après quelques heures de marche... On voit au loin se profiler notre nouveau camp.

Arrivée au camp de Shira 1 !

Plus tranquille que le précédent, plus sauvage aussi. Et nous avons quand même gagné 1000m de dénivelé (la veille nous dormions à 2650).

Mais.......Ça fait quand même 2 jours qu'on marche maintenant et......

On a toujours pas vu le Kilimandjaro ! C'est fou ça quand même pour un truc qui fait 6000 m de haut, on ne le voit toujours pas !!!

Pour nous "consoler", notre équipe de porteur nous fait la surprise de nous accueillir en chanson ! C'est un tout petit aperçu de tout leur répertoire... Nous le découvrirons au fur et à mesure des journées.

nb : vous pourrez entendre mon superbe swahili en voix off :) parce que je suis devenue bilingue en cours de route

Ensuite, nouveau service de Laurence (en pantalon de velours noir et guêtres rouges au fond à droite de la vidéo) : eau pour se laver, "tea-time", puis dîner, c'est une petite journée qui s'achève (enfin petite....La montre connectée me dit quand même qu'on a monté 148 étages...).

Nouvelle journée, nouvelle vidéo donc. Attention on grimpe coté altitude 3650 m....Les effets secondaires augmentent aussi :)

SPÉCIALE DÉDICACE POUR MON CHOUCHOU DU MOMENT AHAHA

Mercredi 23 janvier, 3 ème jour :

Bim ! Jolie vue depuis notre nid douillet :)

Nous quittons le camp vers 8h comme tous les matins. Un dernier coup d’œil en arrière, et il nous faut avancer...

Pas de grands changements dans le paysage, nous montons tranquillement vers le camp suivant.

Nouvelle journée assez tranquille, sans trop de dénivelé. On commence à se dire que le Kili c'est de la rigolade. Toute cette préparation physique pour ça !?!

Et puis à nouveau, après quelques heures de marche seulement, se profile notre camp n°3. Nous serons les seuls ce soir là, où presque. Notre équipe de porteurs aura choisi un coin un peu à l'écart, nous donnant une certaine "intimité" :)

Nous déjeunerons sur place du coup, et nous avons l'après-midi pour nous détendre...Oui bon on était pas très fatiguées non plus...

Je pensais m'ennuyer un peu mais finalement le temps passe vite ici. Entre l’organisation de la tente tous les jours en arrivant : installer sac de couchage et matelas, organiser ses affaires pour la nuit (il va froid), se laver, le fameux "tea-time" avec son pop-corn, puis le dîner vers 18h30, on a finalement pas vraiment eu le temps de s'ennuyer.

J'en profite même pour faire une sieste...En fait, même pas le temps de poser ma tête sur l'oreiller que je m'endors déjà.

Cindy, elle s'endort carrément assise, contre son sac à dos....

Nous avions l'impression que les journées étaient faciles, mais nous nous rendrons compte plus tard qu'elles demandent quand même beaucoup d’énergie à nos corps...

Et puis en milieu d'après-midi, lors d'une éclaircie...Enfin, mais alors enfin !!! On l'aperçoit !!!

Mais qui ?

Mais le Kilimandjaro pardi !!!

Tout beau, tout loin, et à la fois si près. Selfie obligé ! On ne l'avait plus vu depuis qu'on était partis le matin en fait. Bon désolée, c'est vrai qu'on ne le vois pas super bien sur cette photo mais promis, il est bien là, derrière ahaha

Ensuite, soirée passée sous la tente, en préparation au grand froid...

Jeudi 24, 4 ème journée :

Réveil aux aurores...Avec la douce voix de Laurence et son fameux :

-"Good morning girls" à la porte de la tente

-"Good morning Laurence" réponds-je en m'extirpant de mon sac de couchage (oui je suis toujours plus prompte à sorti du sac que Cindy-la momie)

- "Coffee ?"

" Yes please". "Asantee Sana" (traduction = merci beaucoup en swahili)

Et nous voilà, comme chaque matin, avec le café servi à l'entrée de la tente, par un Laurence tout sourire, qui veille à touiller le café avec autant de délicatesse que de gentillesse.

Après l'avoir bu, fait une toilette de chat avec des lingettes, et s'être habillées, en sortant de la tente pour aller prendre le petit-déjeuner, nous découvrons qu'il a gelé pendant la nuit... On a pas simplement l'impression qu'il fait froid... Ça caille donc vraiment !!!!

cf. la pellicule de glace sur nos tentes

Départ comme à notre habitude désormais vers 8h.

Première journée qui va nous pousser un peu dans nos retranchements, puisque nous allons monter tranquillement jusque 4600m d'altitude pour y déjeuner, puis nous redescendrons à 3900 pour y passer la nuit. C'est la meilleure méthode pour une acclimatation optimale à l'altitude que l'on nous explique.

Les paysages commencent à changer, du Moorland au désert alpin.

En gros, de la caillasse quoi. Un paysage un peu lunaire par moment. Désertique crtes, mais qui possède une certain charme.

Nous marchons pendant 4h environ, jusqu'à notre campement improvisé pour le déjeuner. Et là, dieu merci, nous avons une tente pour nous abriter parce que ça souffle à 4600m. Ça souffle même très très fort à l'arrivée. Pas grave, ça ne nous enlève pas le sourire !

Notre équipe de porteurs est toujours au top !

Malgré le vent très violent, ils sont quand même arrivés une bonne heure avant nous, ont monté la tente et ont même commencé à cuisiner.

Et là.....Arrive, je crois, l'un des meilleurs souvenirs (culinaires) de ce voyage...

Par 4600m, par des températures quasi négatives, après déjà 5 jours de marche, notre cher Laurence nous apporte.....Du poulet-frites !!!!!!!!

Put**** des frites !!! On en revient pas. On est heureux comme des enfants un matin de Noel :)

Nous reprenons la route assez rapidement car les conditions météo ne sont vraiment pas bonnes, et il ne faut pas trop nous attarder.

Nous quittons donc le camp, pendant que notre équipe de porteurs remballe tout.

Les paysages désertiques s’enchaînent au rythme des "porteeeeeeeeuuuuuuuuurrrrrrs" . Notre équipe nous dépasse allègrement, nous saluant au passage (comme toutes les autres équipes d'ailleurs) de "jambo !" ou de "mambo!" ou de "jambo mambo!"

L'équivalent de notre "Salut ou salut-ça va?" quoi.

Comme tu peux le voir, la météo est hyper changeante. On passe du grand bleu au gris brumeux en moins de 30 secondes. Pas facile de prendre de belles photos dans ces conditions...

L'ambiance est vraiment sympa sur cette montagne, les salutations sont sincères et les sourires véritables. Mon mal de tête est lui aussi véritable... Et le biiiiip (acouphène) qui l'accompagne bien réel.

Mais je repends mon mal en patience...Cela ne va, de toutes façons, pas aller en s'améliorant, je le sais. J'ai un peu peur, mais il faudra de toutes façons faire avec, donc autant essayer de ne pas trop y penser.

Nous redescendons vers notre camp, (700m de dénivelé depuis le camp du déjeuner) à travers une vallée plantée d'arbres quasi "préhistoriques".

Cela faisait un moment que l'on avait pas vu de végétation. Ceux là sont très particuliers : leur tronc est en fait rempli d'une sorte de laine très soyeuse, par couches successives. C'est ce qui leur permet de résister au froid, là où tout le reste se meure...

Après environ 2h de descente, nos porteurs attitrés (oui chacun de nous 4 a "son" porteur, c'est à dire celui qui porte ses affaires et installe les tentes, le "mien" , Elias, est aussi le cuisinier des porteurs) viennent à notre rencontre...

Alors non seulement ils ont démonté le camp à midi, ils nous ont dépassés en chemin, ils ont remonté le camp pour le soir et ils viennent de se retaper le chemin en sens inverse pour venir nous aider sur le dernier kilomètre...

C'est une sensation délicate et parfois aussi gênante... Celle d'être à la fois assistée au maximum, celle d'avoir un "boy" personnel.

Malgré leur vraie gentillesse et leur envie de bien faire, nous aurons du mal du premier au dernier jour avec cela.

Nouveau selfie pour cette 4 ème étape...

Et nouvelle vidéo aussi ! SPÉCIALE DEDICACE POUR MALORIE ET ARNAUD :)

Barranco sera le plus beau camp selon moi.

D'une part grâce à sa vue magnifique sur le Kili, et d'autre part, grâce à la vue sur la ville de Moshi, que tu ne découvres que le soir, comme par magie, illuminée en contre bas.

Tu rajoutes à cela, un ciel étoilé à couper le souffle (forcément on est très très loin des lumières de la ville et il n'y a pas ou quasi pas de pollution à cette altitude), et un silence incroyable, et tu es au paradis...

!Il est si près et si loin, à la fois... et dire que Dans 2 jours seulement nous sommes supposés être tout en haut

Le calme absolu...

Vendredi 25, 5ème journée : début des choses sérieuses...

Le jour se lève sur Barranco camp

Voilà, on y est. Aujourd'hui c'est une grosse journée qui nous attend. Ce matin il nous faut franchir ce qu'ils appellent "le mur".

Ce n'est évidemment pas un mur de briques, mais un véritable mur naturel haut de plusieurs dizaines, voir peut être même centaines, de mètres de haut.

Pour cela, il y a tout de même un chemin à travers les roches, mais certains passages sont un peu délicats. Encore une fois je suis impressionnée par la force, la souplesse, l'endurance et la bonne humeur des porteurs qui nous dépassent en nous saluant toujours d'un "Jambo" ! Certains grognent aussi ou poussent des cris d'animaux de la savane. Si si, véridique ! Mais c'est pour rendre le truc un peu funky évidemment.

ps : il faut faire un zoom pour voir toutes les petites personnes qui avancent à travers la roche

Le passage du mur prend environ 45mn. Pas insurmontable à condition de ne pas avoir le vertige. Ou alors, t'as plutôt intérêt à ne surtout pas regarder en bas :)

Mais une fois en haut, c'est une belle surprise qui nous attend...

La vue est splendide !!

selfie time !!!!

Petite anecdotes/conseil à partager, il n'y a pas beaucoup d'autres photos de cette journée, et ni de la suivante car avec le froid et l'altitude les batteries nous lâchent. Ma montre connectée ne tiendra pas plus de 3h. Idem pour le téléphone portable. Quant à l'appareil photo, il est au fond du sac à dos pour le protéger justement. Et c'est toujours un peu la galère pour le sortir.

Ensuite, c'est plutôt plat. On descend, on remonte, on redescend, on remonte. Mais grosso modo le plus dur est fait.

Et c'est après 8h de marche au total, que nous atteindrons le "base camp", c'est à dire le dernier camp avant l'ascension final.

valait bien un nouveau selfie hein Ça

Fin d'après-midi détente. Juste le temps d'arriver, d'organiser nos affaires, de faire quelques jolies photos puis ce sera "tea-time" puis "diner-time". Encore et toujours. Immuables rituels.

Le camp au-dessus des nuages...

Comme toujours, notre équipe a dû arriver parmi les premières car nous avons toujours LA , sinon l'une des meilleur place dans les campements.

Ils s'arrangent toujours pour être à flanc de montagne ou autres pour que l'on soit protégés du vent. Et ça tombera à pic cette nuit là...

Pas de petites bassines d'eau pour nous laver à compter de ce jour. Il n'y a plus d'eau à cette altitude et sur cette face du Kili. Les porteurs ont fait les dernières réserves au camp précédent, quelques 6 km plus bas.Nous devons tenir 2 jours en autonomie d'eau...

C'est pour cela que le Kili n'est pas réalisable en autonomie d'ailleurs. Sans porteurs, pas d'eau. Et qui dit pas d'eau...Dit mort assurée par déshydratation et/ou mal des montagnes (la déshydratation accentue le phénomène). On déconne donc pas avec ça. De toute façon en haute montagne, on ne déconne pas trop. "La montagne est toujours la plus forte" qu'ils nous disent. "Si tu ne respecte pas ses règles, tu le payeras cher. Très cher..."

Et la règle numéro 1, tu l'auras sûrement compris, c'est de boire. Beeeeeeeeeaaaaaaaaaauuuuuuuuuuccccccoooooouuuuuupppppppp .

une 5eme douce nuit s annonce sur le kili

nb : c'est avec un immense regret que je dois t'annoncer que la mise en ligne de notre chanson est absolument impossible. Snif

Nous aurons du mal à nous endormir cette nuit là. L'excitation du lendemain probablement. Mais aussi parce que le vent sera terrible à partir de 22h. J'ai un peu peur avoue-je à Cindy vers minuit. J'ai vraiment l'impression que la tente va s'envoler. Je fais pas la maline...

Dehors nous entendons beaucoup d'agitation. Des cris que nous ne comprenons pas.

Nous apprendrons le lendemain q'une des tentes du camp s'est effectivement envolée (la tente des toilettes ahaha).

Mais aussi et surtout, la plupart des groupes entament l'ascension de plus bas, et passent donc par notre camp vers minuit.

Ils vont gravir la dernière partie du Kili de nuit, à la lampe frontale. Sous le vent violent et la pluie.

L'horreur.

Samedi 26, le grand jour... :

Nous nous lèverons un peu plus tôt aujourd'hui, 6h

Après un déjeuner rapide, et le temps de rassembler nos affaires, nous partons vers 7h30. La journée va être longue... Mais aussi tellement excitante !!!

On recharge les gourdes et autres "camel bag" de façon à avoir à disposition au moins 3 litres d'eau chacun jusqu'au repas de midi.

Au début, ça va. C'est raisonnablement raide et le rythme tranquille. Mais au fur et à mesure ça se corse hein. Fallait quand même s'y attendre.

L'oxygène se raréfie au fur et à mesure que nous avançons. C'est dur... Ça monte...Notre guide Yassine, donne le rythme. Doucement. Très doucement. C'est le secret de la réussite. "On est là pour réussir, pas pour essayer" , c'est son mantra... A la fois rassurant et inquiétant.

Lui est confiant. On va y arriver.

60% seulement de ceux qui tentent l'ascension réussissent. On en fera partie selon lui. Cool ! Parce que franchement, je ne sais pas comment je réagirais si je devais abandonner avant le sommet...

Nous croisons les groupe qui sont partis pendant la nuit.

Les "jambo" se font très rares, même parmi les porteurs.

Ils ne parlent plus.

Certains font peur à voir.

Un touriste asiatique redescend tenu à bras le corps par son guide. Il a perdu la vue... Bon, sa cécité est temporaire nous dit-on. C'est rare mais ça arrive...

Mais là, ça fout vraiment les chocottes. On ne peut pas prévoir comment notre organisme va réagir. C'est un peu la roulette russe le MAM (mal des montagnes).

Yassine ne nous laisse pas de répit. Nous apprendrons plus tard pourquoi : nous avons 8h pour arriver au sommet. 10h mais grand max. Si au bout de 10h nous ne sommes pas au sommet, il faut abandonner. Le coeur n'est pas capable de supporter l'effort. Continuer serait risquer l'arêt cardiaque... Heureusement, il ne nous l'a dit que 2 jours après, sinon, encore une fois, ça fout un peu les chocottes quoi..

Un pas, après l'autre. Parfois un arrêt pipi permet de casser le rythme mais pas vraiment de se reposer, parce que chaque effort doit être mesuré.

Les deux premières heures passent finalement assez tranquillement. Le vent souffle peu, mais suffisamment pour nous garder "au frais" ahah. Le ciel est dégagé, mais pas vraiment, ni le temps ni l'envie, de faire des photos. Cindy meure de froid. Décidément, elle n'arrive pas à s'acclimater. Cela lui coûte énormément d’énergie. Mais pour l'instant elle garde le sourire. Je sais que c'est une battante. Et elle va nous le prouver...

Nous pensons très souvent à tous ceux qui ont entamé l'ascension de nuit, sous les rafales de vent glacées. Et aux porteurs qui prennent le même chemin mais doivent presser le pas pour préparer le déjeuner avant notre arrivée, et pour monter le camp de ce soir...

Une première pause, de dix minutes à peine, nous permet de souffler un peu mais surtout de manger une barre énergétique. Je mise tout sur les barres :)))

Et puis il nous faut déjà repartir.

On a quand même une chouette vue d'en haut (même si 'est pas encore vraiment tout en haut)

Encore deux heures avant la prochaine pause. Le rythme ralentit. Encore. Comme si c'était possible de marcher aussi lentement...Mais oui !

La longueur de nos pas est aussi ridicule. La longueur d'un pied quoi. Un pied devant l'autre, ce n'est pas qu'une image, c'est une réalité.

Encore deux heures passées, les yeux rivés vers le sol la plupart du temps car bien sûr il faut regarder où l'on met les pied. C'est un chemin certes, mais très étroit et pierreux. Avec l'inclinaison, on a vite fait de glisser et de se ramasser comme j'en ai fait l'expérience la veille. Ma main et ma tête s'en souvenant encore, je n'enlève ni mes gants ni mon bonnet (enfin d'un autre côté il fait pas chaud-chaud non plus hein).

A la deuxième pause, on commence à perdre Cindy. Le froid la tétanise. Malgré les barres énergétiques, son organisme est en souffrance. Je lui donne en plus un gel énergétique. C'est pas grand chose, mais ça pourra peut être l'aider... Je mise tout sur les barres énergétiques je t'ai dit :)

Nous reprenons la marche...Encore une heure avant le déjeuner. Cindy marche devant moi. A chaque pas, je vois ses jambes trembler. Purée, je ne sais pas quoi faire. Yassine n'a pas l'air trop inquiet pourtant. Nous comprendrons plus tard que ces symptômes là, ne sont pas ceux qui l'inquiètent. Tant qu'on a ni mal de tête vraiment intense, ni nausées ou vomissement intenses, ni grandes difficultés à respirer, c'est que "tout va bien".

Je suis même prise de quelques nausées à un moment.

Il me dit tranquillement : "vas-y vomi, ça ira mieux après"

Moi : "euh...non...Euh, ça va aller merci..."

Perso, je suis déjà assez enquiquinée avec les envies d'uriner incessantes à cause du diamox et des litres et des litres d'eau que l'on boit, c'est pas en plus pour faire des pauses-nausées ! Allez, on y pense pas et ça va passer...

Finalement, à cette altitude, mal à la tête, acouphène et quelques nausées, je m'en sors plutôt bien.

Et enfin la pause-déjeuner !

Nous retrouvons notre équipe qui elle est tout sourire :)

Elijah notre super cuisinier

Et quelques uns de nos porteurs avec Yassine notre guide (k-way à carreaux)

Le repas est assez frugal mais suffisant : personne n'a beaucoup d'appétit à cette altitude. On repart avec une petite surprise de la part d'Elijah : du chocolat et des biscuits pour "fêter" notre réussite une fois au sommet nous dit-il !

Nous repartons avec le beau temps. Nous avons été épargnés pendant toute la semaine jusque là. Pas une seule goutte de pluie ! Bon, ça fait juste 1 semaine que je me trimballe mon poncho et mon pantalon imperméable dans le sac pour rien...Mais bon, c'est un moindre mal tu me diras.

Je demande à Yassine, à combien de temps est Stella point. J'en ai entendu parlé. Enfin je l'ai lu plutôt. Tout le monde dit sur internet, qu'une fois arrivé là, le plus dur est fait. Je suis donc curieuse...Yassine ne souhaite pas répondre dans l'immédiat. Pour ne pas nous décourager probablement. Mais j'insiste pour savoir. J'ai besoin de savoir.

A vue d’œil, ça n'a pas l'air loin du tout :

Stella Point est au bout du chemin...

Mais nos pas ralentissent encore. Ce n'est plus la longueur d'un pied après l'autre auquel nous avançons, mais d'un demi-pied.

Oui un demi-pied, tu lis bien ! Donc, ce dernier petit kilomètre à peine, nous mettrons finalement 1h pour y arriver !

Et là, bim, c’est le drame, le temps se couvre subitement.

Nous arrivons enfin à ce "quasi-sommet".

Cindy fond en larmes. Elle a tenu le coup. En silence. En pleurant parfois sur le chemin, mais elle n'a pas abandonné ! Je le savais ! Un mental d'acier !!

Et puis les barres énergétiques aussi j'en suis sûre hihihi

Je sors l'appareil pour faire un selfie comme à chaque arrivée mais Yassine ne nous en laisse pas le temps. Il nous dit qu'on repassera par là le lendemain.

Un peu grognons, nous reprenons notre chemin.

Les 40 dernières minutes jusqu'au sommet sont semblables à ce que j'avais lu. C'est du faux-plat. Facile ou presque par rapport à tout ce que nous avons fait pendant ces 6 derniers jours.

Nous nous sentirions presque pousser des ailes.

J'en profite pour faire une rapide vidéo car les conditions climatiques sont difficiles et tenir le téléphone me gèle littéralement les doigts

Et puis enfin, le voilà, le moment tant attendu depuis 6 jours certes, mais depuis 3 ans en réalité !

A la base, c'est lors de mon précédent tour du monde que je voulais faire ce sommet, mais compte tenu du coût, cela ne rentrait "pas tout à fait" dans mon budget prévisionnel...

3 ans après la germination de l'idée donc

1 an après la folle proposition à Cindy

4 mois après le début de l'entrainement

et après 6 jours de marche, de nuits inconfortables, d'hygiène sommaire, de litres et de litres d'eau, mais aussi et surtout de fous rires mémorables, d'apprentissages en tous genres sur le plan personnel et de notre amitié (car 8 jours dans une tente sans se laver ou presque ça forge une amitié je vous le dis ;p )

BAAAAAAAAAAMMMMMMMM il apparaît enfin !!!

Ce put**** de fucking panneau !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Le selfie le plus rapide du monde tellement on avait froid et que le vent giflait nos visages!!!

Bonheur de très courte durée.

Une légère impression de "sommet volé" en fait, lorsque nous serons redescendues, mais franchement personne n'avait envie de rester à gambader autour du panneau. (Ni à manger sa barre de chocolat offerte par Elijah hein)

Nous avons immortalisé le moment et hop ! Nous étions déjà repartis !

Bah oui parce que c'est bien tu l'as monté hein, mais maintenant faut redescendre mouahaha.

Bon, la quasi majorité des gens redescende jusqu'au camp de base puis encore celui du dessous.

Mais nous ?

Bah non, nous, on va aller passer la nuit dans le cratère pardi !

Une bonne idée de Sandrine, à laquelle bien sûr Cindy a adhéré, et à laquelle les Québécois n'ont pas eu le choix d'adhérer puisqu'ils se sont greffés à notre groupe après coup.

- "Le camp est à 20mn" nous dit Yassine. Cooooool sur le principe.

Mouais......Enfin ça c'était avant que l'on commence à marcher en direction de l'arrête du Kili par laquelle on devait descendre.

Et là, surprise surprise !!! ...Il y a 80cm de neige...

Nous entamons la descente mais on sent les guides hésitants...

En fait, compte tenu des éléments, cela va prendre putôt 1h30 pour arriver au camp.

Cindy blêmit...Elle est à bout de force. Et franchement, c'est raide de chez raide, on s'enfonce jusqu'à mi-cuisses parfois.

Elle est derrière moi. L'un des porteurs Révocatus ferme la marche. Pour info, il porte sur son dos la bouteille d'oxygène de secours...

Cindy se sent vachement rassurée par sa présence (elle me le dira plus tard).

Purée la descente est longue et pénible. On en voit pas le bout.

Le vent a cessé car on est protégé par la façade de la montagne mais il fait toujours aussi froid et maintenant on va être mouillées à cause de la neige...

Génial, manquait plus que ça pour nous achever de la journée quoi ! D'autant que si nos fringues sont mouillées, sachant qu'on va dormir avec ce soir, et qu'il est prévu -15 à -20 degré, là c'est pas une blague, c'est la mort assurée quoi.

Et là, après une bonne grosse demie-heure de marche incertaine, parce que la montagne c'est chouette aussi pour ça, en à peine quelques secondes, tout le brouillard se dissipe et on aperçoit tout en bas notre camp !

C'est une vision magnifique ! Il parait loin encore, mais ça y'est, il fait beau, et on en voit le bout !!!

redonne le sourire à Cindy !Ça

Bon mais le chemin est encore long, donc on tente la méthode luge pour les dernières centaines de mètres

Et puis enfin on arrive, et là c'est à couper le souffle !

C'est beau.

C'est vraiment très beau.

Sauvage.

Et au dessus des nuages...

Cindy revit !!!

Le camp est comme à son habitude, déjà monté.

Les porteurs nous accueillent avec un "good job" ! (traduction : bon boulot)

Comme tous les jours en fait.

Mouais...Enfin pour nous, le good job c'est eux qui l'ont fait

Bon, c'est bien beau tout ça mais il est déjà presque 17h. Notre plus longue journée. Plus beaucoup de temps avant la tombée de la nuit. Compte tenu du grand froid et pour éviter à notre équipe de porteurs de porter jusqu'ici la grande tente, la table et les chaises , nous avons décidé la veille qu'il n'y aurait pas de dîner collectif, mais chacun sous sa tente.

L'équipe également n'a pas monté sa tente. ils dormiront tous dans la "tente-cuisine" pour profiter de la chaleur des feux de cuissons.

Nous entrons dans la tente comme tous les jours pour préparer nos affaires, et là, méga contre-coup auquel je ne m'attendais pas, je suis prise d'une sorte de "grippe fulgurante". Fièvre, frissons dans tout le corps, je n'arrive même plus à me mettre dans mon sac de couchage et pourtant j'ai si froid...

Mon corps qui a parfaitement tenu le coup jusque là, (les barres énergétiques je te dis !!), fait une sorte de "décompensation". Un premier doliprane 1000 ne fait pas d'effet. Cindy est un peu inquiète... Au bout d'une heure je reprend un nurofene. Dormir un peu, et ça ira mieux...

Pas vraiment le temps de m'assoupir, que Lawrens arrive et de sa douce voix nous dit "diner time" !

D'abord une petite soupe (chaque jour un peu plus épicée) et puis.... Assiette de pommes de terre !

Je sais là, comme ça devant ton écran, tu te dis, y'a rien d'exceptionnel à manger des pommes de terre "hein ?!

Mais on est épuisées, on a froid, et franchement si cela n'appartenait qu'à nous, nous n'aurions même pas mangé et encore moins cuisiné par des températures aussi basses.

Et là, Elijah, nous a fait des PDT ! Et il les a assaisonnées en plus !

Et à côté de ça, Laurence continue de nous faire le service avec son éternelle gentillesse et son sourire timide.

Bref on se sent comme des princesses, emmitouflées dans nos sacs de couchage. Au top de la non-glamouritude :)

Crasseuses mais heureuses

Et puis vient l'heure tant redoutée de dormir... Redoutée car le froid va être mordant cette nuit...C'est un mélange d'anxiété et d'excitation aussi de vivre une telle expérience...

Et une petite dédicace pour toi ma steph :)

Dimanche 27 janvier :

Réveil.

On est vivantes ! C'est un grand soulagement mouahahahah. Mais ma tête ! Mon dieu, ma tête ! Ce mal de crâne absolument horrible...

Dehors en revanche, c'est grand bleu !!! Le temps est splendide à nouveau . Cela nous permet de bien voir tout ce que nous avons descendu la veille (cf. les petites traces si tu agrandis la photo)

Et bien évidemment, comme depuis plusieurs jours maintenant, tout ce qu'on a descendu...Bah va falloir le remonter ! Par chance, on empruntera un autre chemin, plus rapide, jusqu'à ce fameux Stella point.

Et là, enfin, on aura le doit de faire notre selfie...

Bon c'est chouette hein, mais c'est pas pareil de le prendre le lendemain, et non pas sur le moment...Mais c'est toujours mieux que rien. Au moins la lumière est meilleure.

Si tu regardes bien, tu peux déjà voir que nos visages sont bouffis. Bien sûr, comme nous n'avons pas de miroirs, nous ne nous en rendrons compte que plus tard. Ce soir en fait, pendant la vidéo à l'arrivée du camp.

Nous reprenons donc exactement la même route, c'est "marrant" mais on va quand même beaucoup plus vite en descendant mouahaha.

Ce qu'on a mis 8h à monter, nous mettrons 2h à le redescendre.

Du coup, évidemment, on est tout sourire :)

Mais purée, on est vraiment bouffies !!!!

Bon, bah grand chose à dire sur cette journée de redescente, hormis que...Si tu crois que descendre est plus facile que monter...Bah tu te mets le doigt dans l’œil !

Parce que franchement, après 8h de descente, mes jambes sont ...Euh, je n'ai même pas de mots. Je n'ai jamais eu autant de courbatures !!!

Entre les chutes rattrapées de justesse, les rochers à enjamber, et les 2700 mètres de dénivelé, je peux t'assurer que l'arrivée au camp de Mweka m'a apporté autant, ou presque, de joie que l'arrivée au sommet !!!

Et là, c'est un sentiment étrange que d'arriver à notre dernier camp.

On se dit "dernière installation dans la tente", dernier "tea-time", dernier "lavage de main" par Laurence, dernier dîner...

Bref à ce moment là on était plutôt contentes de faire toutes ces petites choses pour la dernière fois, et d'arriver enfin au bout de l'aventure, comme en atteste cette nouvelle vidéo

Mais c'est un sentiment tout autre qui nous attendait le lendemain...

Mais avant le dénouement de cette aventure "Kilimanjaroéenne", comme évoqué dans la vidéo ci-dessus, je voulais te faire partager un tout petit aperçu de ce à quoi tu pourrais toi aussi ressembler si tu tentais l'aventure (et accessoirement si tu as les cheveux longs ahaha), après 7 jours d'hygiène minimum...Sandrine au top du glamour encore une fois :)

Lundi 28 janvier, dernier jour :

Après, 8h d'un sommeil trèèèèèèèèèès profond, ça y'est, c'est le dernier jour qui s'annonce.

On le sait, c'est le moment attendu par notre équipe de porteurs pour nous faire une petite cérémonie d'adieu, c'est à dire, nous faire partager tout leur répertoire spécial "chansons du Kilimandjaro".

Ce à quoi nous ne attendions pas, c'est au torrent d'émotion que cela allait provoquer chez nous.

Impossible de retranscrire avec des mots ce qui s'est passé (pour chacun d'entre nous), car le Kilimandjaro, ça te pousse dans tes retranchements...Physiques, certes, mais pas seulement... Et ça, je préfère le garder pour moi...

Donc pas de long discours mais LA vidéo finale !!! ps : tu excuseras cette grâce avec laquelle on danse, mais nos jambes étaient tétanisées de la veille...

Et la photo finale qui restera gravéesdans nos cœurs :)

C'est définitivement celle que je garderai dans un petit coin secret de mon cœur, et où je descendrais dans mes jours de tristesse pour y trouver une consolation, ou un encouragement...

Derniers "jambo" échangés avec des groupes de porteurs ou de touristes qui redescendent, derniers coups d’œil à la végétation qui s'intensifie encore et encore, et au brouhaha de la "ville" qui nous attend. Encore 3h de marche, en pente "douce" jusqu'à la porte de sortie pour notre dernier selfie.

Et voici que s'achève l'aventure du Kili...

C'est une sensation à la fois étrange et délicieuse de revenir à la "civilisation" après 7 jours coupés du monde.

Étrange, car finalement cela ne m'avait pas manqué, le bruit, la pollution, le stress, la circulation, le "speed" de la vie quotidienne... Et délicieuse à la fois, car sans pourtant en avoir manqué, je m'y suis engluée à nouveau, avec une telle facilité et même un certain plaisir ...

Puis nouveau trajet en bus avec notre équipe... 3h passées avec 22 personnes qui étaient de purs étrangers il y a encore à peine 8 jours, et qui nous sont si familiers aujourd'hui.

22 personnes qui resteront gravées dans mon cœur, chacune à leur manière.

22 nouvelles étoiles filantes... Une constellation...

10 jours après être revenue (c'est le temps qu'il m'aura fallu pour écrire cet article, hé oui, c'est du boulot !) qu'aurais-je appris de tout cela ?

Difficile, très difficile à dire car je crois que je n'en ai pas encore saisi toute l'ampleur. Physiquement il y a eu un sacré contre-coup. Mentalement c'est tout l'inverse.

Aujourd'hui je suis optimiste comme jamais.

J'ai eu 35 ans cette semaine là. Un anniversaire c'est un peu le moment du bilan. Cette année, il est particulièrement lumineux :

Tout le monde autour de moi, ou presque, s'est marié, et a fait des enfants. Moi, je n'ai finalement jamais véritablement défait ce sac à dos depuis 2009. C'est vrai que parfois, lorsque je me sens seule, il est lourd à porter. Mais le plus souvent, je sais qu' il est plein de souvenirs merveilleux et de mes précieuses petites étoiles filantes.

Je n'ai pas la carrière que je m'étais imaginée, et je n'ai pas non plus de compte épargne bien fourni ; en revanche j'ai des dizaines d'histoires de pirates et d'explorateurs que je pourrais raconter à mes nièces et filleules quand elles seront en âge de comprendre.

Je n'ai pas non plus de vie stable et bien établie certes, mais j'ai des projets plein la tête, et surtout, surtout, j'ai encore des rêves plein de cœur.

Car c'est cela que m'a apporté le voyage en fait. Des rêves à n'en plus finir, et un cœur suffisamment grand pour tous les accueillir.

Dans les moments les plus difficiles, je me dis que je n’ai jamais encore rencontré une personne qui termine sa vie en disant « si c’était à refaire, je réaliserais moins mes rêves ». Alors dès que je le peux, je renfile mon sac à dos, et je repars.

Car c'est là ma vérité : si ce sont mes parents qui m'ont donné un cœur...C'est bien le voyage qui le fait battre...

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